Travailleurs expérimentés

PROJET VISANT LE MAINTIEN EN EMPLOI ET L’INTÉGRATION DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES DE 50 ANS ET PLUS DANS LE SECTEUR D’EMPLOI DE L’ÉCONOMIE SOCIALE ET DE L’ACTION COMMUNAUTAIRE

NOUVEAUTÉ !
RAPPORT DE RECHERCHE (MAI 2011) Le maintien en emploi et l'intégration des travailleurs et travailleuses de 50 ans et + dans le secteur de l'économie sociale et de l'action communautaire

D’ici 2012 , le secteur d’emploi de l’économie sociale et de l’action communautaire assistera à une vague massive de départs de sa main-d’œuvre. Ainsi, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée sera un défi de taille pour les organisations du secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire.  Plus de la moitié des gestionnaires (60%) du secteur d’emploi de l’économie sociale et de l’action communautaire se disent préoccupés par la question de la relève. 51% des organisations du secteur rencontrent des difficultés à pourvoir un ou plusieurs postes (Enquête Les repères, CSMO-ÉSAC,2009).

Lorsque les organisations rencontrent ce type de difficultés, les gestionnaires et coordonnateurs font référence aux postes de …

• directeur général / coordonnateur
• intervenant
• conseiller en emploi
• agent de développement
• adjoint administratif
• préposé à l’entretien ménager
• secrétaire
• éducatrice (petite enfance)
• conseiller en orientation
• agent de communication
• formateur
• responsable de l’entretien ménager
• agente de liaison
• comptable
• agent de recherché
• intervenant social
• intervenant psychosocial
• conseiller
• concierge
• préposé de nuit, etc.

Préoccupées par la question de la relève, les organisations du secteur se sont dotées de stratégies visant la rétention de leur main-d’œuvre et l’attraction de nouvelles ressources humaines. On parle alors d’une diversification du travail et des responsabilités, d’une flexibilité des horaires, d’une adaptation des profils de postes et de parrainage, pour ne nommer que quelques-uns des moyens mis en place pour contrer la vague massive de départs.

Le maintien en emploi et l’intégration des travailleuses et travailleurs de 50 ans et plus.
Question d’actualité, la planification d’une relève est posée à l’ensemble des organisations québécoises et canadiennes, qu’elles soient privées, publiques ou à but non lucratif (OBNL). Plusieurs auteurs, chercheurs et organismes ont commencé à se pencher sur les défis sous-jacents à cet enjeu, notamment en se préoccupant d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre et du transfert des acquis et des savoirs.

Dans le secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire, la question de la relève peut être abordée de diverses façons : le renouvellement des équipes de travail par l’intégration de jeunes ou de nouvelles personnes d’expériences diverses tant au niveau du leadership organisationnel que de l’intervention ; le recrutement de nouveaux membres ; le renouvellement des bénévoles au sein des conseils d’administration, des comités ou des équipes de bénévoles.

La population du Québec vieillit et son taux de croissance ralentit, de telle sorte que la population de 15 à 64 ans, dite « en âge de travailler », commencera à diminuer à compter de 2012. La main-d’œuvre sera donc dans l’avenir de plus en plus rare et difficile à trouver. Elle sera aussi de plus en plus âgée. Les personnes de 55 à 64 ans, qui constituaient 9 % de la population active en 1996, en représentent maintenant 14 % et on prévoit que cette proportion atteindra environ 20 % en 2020. Ce phénomène, qui n’a rien de passager, se maintiendra ensuite pendant au moins une autre décennie. Le manque de main-d’œuvre suffisante pour assurer le développement économique et la forte pression sur les finances publiques que cette situation pourrait engendrer, inquiètent de plus en plus les experts et les décideurs publics. Ainsi, après avoir glorifié, durant les années 80 et vers le début des années 90, la Liberté 55 et la retraite anticipée pour faire place aux jeunes, voilà maintenant qu’on entend plus fréquemment des appels au maintien en emploi des travailleurs âgés.

Les organisations du secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire au Québec devront donc chercher à maintenir leurs travailleurs âgés en emploi, en favorisant notamment diverses formules d’aménagement du temps de travail et de retraite progressive. Comme nous l’avons vu précédemment, les gestionnaires du secteur se penchent d’ores et déjà sur cette question en intégrant de nouvelles stratégies de ressources humaines. Il est important de souligner qu’un grand nombre de travailleurs-euses du secteur devront travailler au-delà de 60 ans car peu d’entreprises avaient les moyens d’assurer une bonne préparation de la retraite à leurs employés. Cela signifie qu’il faut favoriser les meilleures conditions possibles pour que ce maintien en emploi soit productif et intéressant tant pour les employés que pour les employeurs du secteur.

Les secteurs d’activité suivants devront être ciblés prioritairement : santé et aux services sociaux, médias et communications, aide domestique, action bénévole, consommation, soutien au développement local et régional, au soutien à l’action communautaire et/ou à l’économie sociale et promotion et défense des droits sociaux, puisque ce sont là les secteurs d’activité où l’on retrouve une majorité d’employés âgés de 50 ans et plus.

Ce maintien en emploi, associé à certains incitatifs, pourrait intéresser plusieurs travailleurs de 50-55 ans. Ce genre de régime de travail constituerait, alors, un choix de vie leur permettant d’accéder à une certaine forme de retraite «active».

Dans ce contexte et à la lumière des données et informations disponibles, le CSMO-ÉSAC préconise l’adoption d’une approche multigénérationnelle pour relever les enjeux reliés aux ressources humaines au sein du secteur et souhaite non seulement intégrer les jeunes mais aussi les personnes de 50 ans et plus.
On peut penser qu’un bon nombre de jeunes retraités voudront prolonger leur participation au marché du travail, et que, parmi eux, un certain nombre opteront pour le temps partiel. Cette situation pourrait constituer une opportunité pour le secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire. Ceci dit, il reste à connaître l’intérêt de ces travailleurs pour le secteur, à cerner les types de postes recherchés et à mesurer notre capacité à leur offrir des emplois qui leurs conviennent.

Une récente enquête du Conseil RH du secteur bénévole et communautaire intitulée Exploiter les talents des employés en début et fin de carrière, a notamment permis de mieux connaître le pouls des Canadiens sur le recrutement des employés en fin de carrière (employés qui travaillent déjà dans les secteurs public ou à but lucratif, ou qui ont récemment quitté ces secteurs pour prendre leur retraite). Cette étude démontre que parmi l’ensemble des répondants, 57% planifient chercher un emploi après leur retraite et que 64% envisageraient un nouvel emploi ou une nouvelle carrière dans le secteur communautaire. Par ailleurs, 66% des participants n’avaient pas pensé à travailler dans le secteur communautaire avant de répondre au sondage. Parmi les commentaires des répondants, on peut lire : « Il y a longtemps qu’on aurait dû faire un tel sondage. Je suis sûr que beaucoup de gens seront intéressés à effectuer ce genre de transition » ; « Je crois que le secteur communautaire devrait s’adresser aux fonctionnaires qui prennent leur retraite » ; « Je ressens un regain d’énergie lorsque je pense à la possibilité de prendre ma retraite et de travailler pour la collectivité au sein d’une organisation communautaire – ce serait vraiment une occasion de redonner à la collectivité ce que j’ai reçu ».

Interrogés sur les caractéristiques des emplois du secteur communautaire, 77% des répondants considèrent que ces emplois contribuent à la collectivité (en travaillant pour une cause) ; 74% considèrent que ce travail est stimulant et intéressant, près de 69% considèrent que ce travail correspond aux valeurs personnelles, 65% considèrent le travail d’équipe, près de 59% considèrent les conditions de travail souples, 51% considèrent que les organisations sont plus petites et plus simples et enfin, 50% soulèvent les bonnes relations avec les gestionnaires et les collègues.

À la lumière des ces données canadiennes, le Comité sectoriel souhaite évaluer l’intérêt ainsi que les capacités du secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire à recruter les employés québécois qui sont en fin de carrière ou qui ont pris leur retraite. Il souhaite par ailleurs entreprendre une démarche complémentaire visant à mesurer l’intérêt des travailleurs à prolonger leur vie professionnelle et à contribuer professionnellement dans le secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire.

Car, outre ces retraités, il pourrait en effet aussi s’agir, par exemple :

_de personnes encore actives dans un emploi à temps plein, mais qui seraient intéressées à passer à un travail à temps partiel leur permettant d’amorcer une retraite progressive ;
_de travailleurs œuvrant dans d’autres secteurs qui souhaiteraient changer de domaine de travail ;
_de personnes qui ont déjà un travail à temps partiel et qui souhaiteraient en cumuler un deuxième pour plus de revenus ;
_de personnes en chômage, qui seraient bien heureuses de dénicher un emploi ;
_de travailleurs autonomes tirant des revenus modestes de leur activité et qui pourraient être intéressés à compléter ces revenus par un travail à temps partiel ;
_de travailleurs autonomes souhaitant offrir directement leurs services professionnels aux organisations du secteur, de façon occasionnelle ou périodique.

Le projet vise dans un premier temps à mieux comprendre...

1_ les besoins de la main-d’œuvre expérimentée du secteur et les conditions de son maintien en emploi et 2_ les besoins et conditions d’intégration sur le marché du travail des travailleurs de 50-55 ans et plus et des jeunes retraités, peu importe leur domaine d’emploi passé.

La création d’outils et de documentation visant à faire connaître les besoins des employés et des moyens de les maintenir en emploi, seront produits dans un second temps.

Le projet vise aussi à prendre le pouls des organisations du secteur à : maintenir en emploi les ressources humaines déjà en poste, accueillir un ou plusieurs travailleurs de 50-55 ans et/ou de jeunes retraités ayant œuvré dans un secteur d’activité autre que celui de l’économie sociale et de l’action communautaire.

De façon plus spécifique, le projet a pour objectifs de :


Connaître les besoins des travailleurs actuels de 50 ans et plus actifs dans le secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire ;
Faire connaitre ces besoins aux employeurs ;
Travailler avec les employeurs pour répondre aux besoins de la main-d’œuvre expérimentée en emploi ;
Mesurer l’intérêt des travailleurs de 50 ans et plus œuvrant dans d’autres secteurs d’emploi ou de jeunes retraités pour le travail en économie sociale et en action communautaire ;
Identifier les emplois les plus en demande et les plus porteurs de succès pour cette clientèle spécifique ;
Valider les intentions d’embauche auprès des entreprises et organismes du secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire ;
Développer des outils favorisant l’intégration des travailleurs expérimentés dans le secteur ;
Développer (ou adapter) des outils pour faire connaître le secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire aux retraité(e)s et/ou aux travailleurs expérimentés et les opportunités d’emplois qu’il présente ;
Développer des outils pour contrer les préjugés et les obstacles à l’encontre des travailleurs expérimentés et sensibiliser les employeurs aux avantages que ces travailleurs peuvent représenter en termes de solution pour combler des emplois ;
Mesurer les impacts potentiels de l’intégration de travailleurs expérimentés sur les conditions de travail dans le secteur.

Compte tenu qu’il s’agit d’un tout nouveau champ d’action pour notre Comité sectoriel, nous devons prendre le temps de bien comprendre cette réalité avant de nous lancer dans un plan d’action d’intégration des travailleurs de plus de 50 ans. Il nous faudra donc, notamment, solliciter la participation de retraités, de travailleurs expérimentés et de certaines associations les représentant dans le déroulement du projet ; ils seront interpellés à plusieurs étapes de la démarche pour orienter les travaux de recherche et d’analyse.

En janvier 2011, nous tiendrons les premiers groupes de discussion. Voir l'info.




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