Lynda, quel est ton rôle au CSMO-ÉSAC ?

J’occupe le poste de chargée de projet en recherche et analyse. Je réalise donc toutes les études qui sont nécessaires aux organisations du secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire.

Ces études nous sont demandées soit pour dresser le portrait d’un des 32 secteurs d’activité qui composent le secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire, soit pour dresser un portrait régional des organisations, pour déterminer les besoins en ressources humaines d’un secteur d’activité spécifique, pour déterminer les besoins de formation des ressources humaines œuvrant dans l’un ou l’autre des 32 secteurs d’activité, pour réaliser des diagnostics de compétences, pour réaliser des enquêtes salariales ou encore pour mesurer l’impact social des organisations du secteur, facilitant ainsi leur connaissance et surtout leur reconnaissance.

Je travaille donc à optimiser la connaissance et la reconnaissance des organisations du secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire, en collaboration avec celles-ci.

Quel est ton parcours ?

J’ai d’abord effectué un baccalauréat en sociologie, à l’Université de Montréal. Ma passion pour l’enseignement m’a amenée à être auxiliaire d’enseignement pour plusieurs cours offerts au département de sociologie.

Par la suite, je me suis découvert une autre passion, celles de des chiffres (quantitatif) et du contenu (qualitatif). Je me suis donc dirigée vers une maîtrise et par la suite vers un doctorat axés sur la place du social dans l’économie, en travaillant avec des données quantitatives, mais surtout avec des données qualitatives (analyse de contenu, analyse du discours). Tout au long de mes études de deuxième et troisième cycles universitaires, j’ai poursuivi l’enseignement à titre d’auxiliaire mais aussi à titre de chargée de cours. J’ai collaboré à plusieurs groupes de recherche en lien avec mes intérêts pour les méthodes quantitatives et qualitatives.

Suite à l’obtention de mon doctorat, j’ai été appelée à travailler à L’Institut national de la recherche scientifique (INRS-Urbanisation) au sein de plusieurs équipes de recherche et autour de divers projets me conduisant plus spécifiquement à travailler avec des données quantitatives. J’ai été appelée à travailler au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal à titre d’agente de recherche et de chargée de cours, notamment autour du développement local. Pour ce même département, j’ai été amenée à travailler sur la construction d’indicateurs sociaux, qui, à l’époque, étaient recherchés pour leur pertinence dans la démonstration de ce que l’on nommait la rentabilité sociale des organismes communautaires et des entreprises d’économie sociale.

Outre ma formation et mes expériences de travail, ce sont ces travaux qui m’ont amenée à travailler comme consultante pour le CSMO-ÉSAC sur le dossier du portrait du secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire. Mes travaux sur les indicateurs sociaux m’ont, par la suite, qualifiée pour postuler au CSMO-ÉSAC pour le poste de chargée de projet en recherche et analyse. J’occupe ce poste depuis bientôt 18 ans…

Quelles différentes formes peuvent prendre les recherches que tu mènes ?

Tout se fait en fonction des besoins du milieu, à l’exception d’une enquête nationale que nous menons tous les trois ans.

Alors, en ce qui concerne les besoins du milieu, les demandes sont diversifiées et varient, notamment, en fonction de l’environnement externe (contexte politique, demandes des bailleurs de fonds, etc.). Je suis donc amenée à réaliser des portraits sectoriels ou régionaux, des diagnostics de besoin en ressources humaines, des diagnostics de besoins de formation, des diagnostics de compétences, des enquêtes salariales, des mesures d’impact social, des mesures d’impact socio-économique et tout autre type d’étude nécessaire et pertinent pour les organisations du secteur. Ce qui est intéressant, c’est que le tout se fait en étroite collaboration avec les partenaires demandeurs, ce qui m’amène à effectuer du partenariat et de la concertation.

Lors de mon entrée en poste, nous possédions très peu de données sur les organisations du secteur. Nous y allions, alors, en fonction des demandes qui nous étaient acheminées pour développer une connaissance plus juste de celles-ci. Comme organisation, le CSMO-ÉSAC avait besoin d’optimiser cette connaissance afin de soutenir les organisations dans leur développement de stratégies et de moyens d’action. La nécessité s’est donc imposée de mener, tous les trois ans, une enquête nationale sur l’ensemble du secteur, afin de mieux connaître les organisations du secteur et leur main-d’œuvre. Nous nous disions que ce serait là des repères qui participeraient de cette connaissance. Cette enquête a donc été « baptisée » Les Repères en économie sociale et en action communautaire – Panorama du secteur et de sa main-d’œuvre. La première édition a été réalisée en 2009.

Peux-tu nous donner un exemple de déroulement d’une étude ?

  1. Lorsqu’une demande d’étude nous est adressée, je dois tout d’abord bien cerner les objectifs poursuivis par le ou les partenaires. Cette étape est cruciale puisqu’elle guide toute la démarche qui devra être réalisée pour répondre aux besoins du ou des partenaires. C’est une étape intéressante parce qu’elle est menée en étroite collaboration avec le ou les partenaires et parce qu’elle me donne l’occasion de connaître plus en profondeur le secteur d’activité qui est ciblé (celui du ou des partenaires).
  2. Par la suite, je propose une ou plusieurs méthodes de cueillette de données et je détermine, avec le ou les partenaires, le niveau de représentativité qui leur est pertinent (par exemple, l’ensemble du secteur d’activité; les différentes régions; les types d’organisations au sein de ce secteur d’activité, etc.) et la ou les populations cibles, c'est-à dire les personnes auprès desquelles le ou les outils de mesure seront administrés.
  3. Une fois que nous nous sommes entendus sur ces bases, je construis le ou les outils de mesure (questionnaire, grille de groupe de discussion, grille d’entretien individuel, grille d’observation) qui devront être administrés. Ce ou ces outils doivent être validé par le/les partenaires. C’est ainsi que je m’assure de bien rendre compte des besoins du ou des partenaires et de bien prendre en compte toutes les dimensions qui devront être documentées.
  4. Et voilà. Nous sommes prêts pour l’administration des outils de mesure. L’administration des questionnaires se fait habituellement par interface Web. Durant la période d’administration des questionnaires, je me tiens à la disposition des personnes qui participent à l’étude (population cible) pour les aider à compléter le questionnaire. Lorsque la réalisation de l’étude nécessite la tenue de groupes de discussion et/ou d’entretiens individuels, je suis encore plus passionnée. Ce sont des étapes d’une étude que j’apprécie énormément car elles me permettent d’être sur le terrain, de sentir ce que les participants expriment, et de saisir toutes les facettes de l’objet d’étude.
  5. Ensuite, c’est le traitement des données. Lorsque j’ai procédé par administration d’un questionnaire, c’est l’étape que j’apprécie le plus : faire parler la base de données. Il s’agit donc d’utiliser un logiciel de traitement statistique pour faire ressortir les résultats obtenus. Lorsque j’ai procédé par groupes de discussion et/ou par entretiens individuels, je procède à l’analyse de contenu des éléments informationnels qui ont été recueillis.

Je peux donc laisser libre cours à ma passion pour la méthodologie, qu’elle soit quantitative ou qualitative.

Tu dispenses aussi des formations et tu animes des webinaires, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Depuis 2001, nous proposons une démarche pour la réalisation de mesures d’impact social des organisations du secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire. Nous avons produit deux publications afin de guider les partenaires qui souhaitent se lancer.

Par la suite, nous avons développé un contenu de formation pour faciliter la mise en pratique de la démarche que nous proposons (mesure d’impact social). Il s’agit d’une formation d’une journée, interactive, dans le cadre de laquelle j’explique ce qu’est l’impact social et je décortique la démarche afin que les participants puissent en comprendre chacune des étapes et afin qu’ils soient en mesure de la mettre en pratique.

La notion d’impact social fait l’objet de nombreuses définitions qui ne sont pas toutes convergentes. La terminologie qui est employée pour la définir est d’autant plus diversifiée et éclatée. Nous avons donc senti la nécessité d’offrir des conférences et des webinaires sur la notion d’impact social et sur l’importance des mesures d’impact social des organisations du secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire au niveau de leur connaissance et de leur reconnaissance.

Lynda Binhas
lbinhas@csmoesac.qc.ca
514-259-7714, poste 503